Dans son village natal de Fauquier, dans le nord de l'Ontario, le poète Pierre Albert organise une grande fête, un Dernier Show, pour célébrer la mort annoncée du dernier des Franco-Ontariens.
Quels cris testamentaires lâcheront les artistes bien connus qu'il a invités à y participer ? Antoine, son père, et le reste de la communauté se rallieront-ils à ce projet fou ? De même que beaucoup de Franco-Ontariens, Antoine Albert a dû lutter ferme pour assurer la subsistance de sa famille et il est à mille lieues des préoccupations de Pierre. En fait, comme plusieurs, il n'a jamais choisi de se définir comme Franco-Ontarien. Qu'à cela ne tienne, le Spectre, un personnage ludique, véritable incarnation de la conscience collective franco-ontarienne, a décidé d'aider le poète à sa manière inimitable.
En ce début de 21e siècle, les crises économiques, sociales, politiques, écologiques remettent tout en question, même l’avenir de notre civilisation. Le doute est partout. Or, depuis toujours, les minorités de tous genres ont été les championnes du doute. Celles qui survivent ont appris à tirer profit des tensions créatrices et salutaires qu’il engendre, tout en évitant les conséquences néfastes de ses acides corrosifs. Elles savent aussi que c’est dans la nature des grands centres de se scléroser et que le renouveau provient inévitablement de la marge.
S'inscrivant dans une riche tradition de création collective en Ontario français, Le Dernier des Franco-Ontariens est un film à la fois fascinant et déconcertant, poétique et loufoque, tissé de scènes où désolation et simplicité confèrent aux images une beauté étrange et surprenante. D'abord, il y a ces cheminées démesurées - épaves monstrueuses ou monuments avertisseurs? Puis il y a les rails, la track – qui mènent où ? Enfin, les deux ponts – que relient-ils sous ce vaste ciel ?
Terrain de jeu de Pierre Albert dans son enfance, l'espace entre ces ponts devient l'endroit de sa réflexion métaphysique et la scène où il convie les artistes et les gens de Fauquier au Dernier Show franco-ontarien. Dominant la scène qu'érige malhabilement le Spectre, une croix. Est-ce l'immolation d'une peuple, d'une identité ?
Pierre Albert met son âme à nu dans ce film bouleversant de sincérité.
« Souvent le dernier des Franco-Ontariens a l'impression qu'il vit sa vie comme dans un film: le passé, le présent et l'avenir à la fois. C'est surtout un film de message subliminaux. Il tente d'interpréter, il cherche des significations, il cherche des raisons de croire. »
Le Dernier des Franco-Ontariens ne cherche pas à illustrer une thèse, mais plutôt à donner forme à une intuition, de donner à goûter, dans un univers visuel et sonore original, une nouvelle vision de la minoritude, et cela de façon sensible et attachante. Véritable métissage de documentaire, de fiction et de performance, le film dépasse résolument le portrait d'un individu et l'examen d'une oeuvre poétique en inventant une démarche et un spectacle filmique tout aussi séduisant que dérangeant.
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